
Dans un film de Chabrol une riche famille bourgeoise essaie d'ôter la garde de son fils à une mère jugée trop délurée par la morale de l'histoire
Le père a frappé la mère il a frappé l'enfant il prend de la drogue ne travaille pas il a des parents très riches et influents et sûrs d’eux
La mère travaille toute seule mais elle travaille de nuit mais elle travaille dans un bar mais elle n'a ni soutien ni réputation ni argent
La mère visite son fils à l'hôpital après la blessure infligée par le père elle n’ose pas faire de bruit parce qu'il dort elle a tellement peur pour l’enfant
La famille riche et bourgeoise engage un détective pour fabriquer des preuves pour salir la mère la faire passer pour une pseudo-criminelle lui enlever sa possibilité de mère
Autour d'elle la société résiste ou obtempère, trois petites vieilles filles continuent leurs commérages, la pension de famille fait comme elle peut, un homme boit pour oublier que sa famille est anormale
Un comédien de théâtre refuse d'être corrompu et de la trahir, il s'exclame avec exaltation et garde sa dignité d'homme et d'artiste
Alors la bourgeoisie peut s'effondrer
Et puis un marchand de ballons traverse lentement plusieurs fois un parc très vert et très lointain, les ballons psychédéliques s'envolent d'un coup tous ensemble très doucement très ciel gris
Mais jamais la mère n'oublie d'être mère, manipulée et droguée elle n'oublie pas, elle a un enfant à l'hôpital et jamais elle n'oublie d'être mère, c'est inscrit c'est dans la chair être mère
C'est ténu c'est en elle et ça défie toutes les morales bourgeoises, ça traverse le film et ça résiste mère
à propos de La rupture, Claude Chabrol, 1970.
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